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Philippe ANCELIN

Nous avons rencontré Philippe lors de l’un des stages qu’il organise à Pontal de Maceio. Avec près de 20 ans de kite dans la besace, philippe s’est construit une solide expérience avec une capacité d’analyse impressionnante de sa pratique et de celle de ses élèves. Même dans 5/10 noeuds, il trouve des idées pour apprendre à mieux comprendre et maîtriser son kite. Découvrons qui se cache derrière « One Launch Kiteboarding« 

Démarrons par le début, quand as-tu commencé le kitesurf ?

Hello Guillaume, j’ai commencé le kite en 2006 à Plouharnel dans le Morbihan. J’ai fais un stage de 3 séances avec l’école NKS encore existante aujourd’hui et j’ai tiré mon premier bord le 9 juillet de cette même année. La date est facile à retenir, Zidane mettait un coup de tête historique le soir même 🙂


Qu’est-ce qui t’a attiré dans ce sport pour t’y mettre ?

Venant du skateboard, je cherchais à changer de support. J’en avait marre de me vautrer sur le bitume depuis 10 ans et donc j’ai d’abord pensé au wakeboard. Mais, en 2006, pas de câble, pas de club avec bateau et en mer, le plan d’eau n’est presque jamais lisse. Un soir j’ai croisé un pote qui venait d’ouvrir son école de kite. Le lendemain, je prenais mon premier cours.


Philippe Ancelin

Après toutes ces années de pratique qu’est-ce que le kite continue de t’apporter ?

TOUT !!!

Une bonne raison d’aller à l’eau, de bouger, de rencontrer des gens, de partager ce que je peux transmettre, de me mettre des objectifs, de me faire plaisir. La vraie question question serait plutôt de se demander ce que le kite ne m’apporte pas ?


Quel est ton « homespot » ?

Quand j’ai commencé, à 20 ans, je vivais à Rennes mais ma mère vivait à Carnac. Donc je naviguais souvent à Carnac car n’ayant pas de voiture (par contre j’avais 3 ailes), je faisais au plus proche. Aujourd’hui, je vis à Lorient, et je ride très souvent à Toulhars la plage la plus proche. Mais maintenant j’ai une bagnole (j’ai évolué), donc je dirais que je suis assez flexible et vogue entre Locmariaquer et Guidel.


Le blog traite de kite trip donc je suis obligé de te demander quels sont les 3 destinations qui t’ont le plus impressionné et pourquoi ?

Poe - Nouvelle Caledonie

1 – La Calédonie

J’ai pris un billet aller en 2009 et j’y suis resté 9 mois. Je bossais de nuit dans un hôtel de l’Anse Vata et je ridais la journée au Méridien. Ce spot représentais ce que les vidéos et magazines m’avaient fait miroité. Le climat tropical, la faune, la flore, les alizés. Les locaux avaient un niveau de malade mental, j’ai compris dès que je suis arrivé que nous ne pratiquions pas du tout le même sport. Cette vérité était d’ailleurs toujours d’actualité quand je suis reparti mais j’ai progressé un peu quand même.

2 – Cape Town

J’ai eu la chance d’y aller en 2013, 2014 et 2015. J’étais moniteur IKO et je résidais à Langebaan. J’ai eu la chance en trois saisons de rencontrer pas mal de monde et d’explorer le Western Cape avec des amis kiters et non kiters de la région. La nature y est vraiment intense, belle et les conditions de navigations peuvent être absolument dantesques. Aujourd’hui on banalise presque de rider dans 35 noeuds mais il y a 15 ans, c’était pas si anodin.

Maroc - Dakhla Kite

3 – Brésil & Dakhla

N’ayant que 3 choix je vais finir avec le Brésil et Dakhla. Je suis très impressionné par ces destinations car elles offrent un potentiel de progression en navigation vraiment notable. Les paysage sont différent mais absolument remarquables et j’y vais trop souvent pour ne pas en parler 🙂



Bien qu’ayant déjà testé de nombreux spots, y a t’il une destination que tu n’as pas testé et que tu aimerais explorer prochainement ?

Oh OUI plein !

  • La Polynésie
  • Portugal
  • Namibie
  • Mozamique
  • Etats-Unis : l’Oregon, la Californie, Cap Hatterras en Caroline du Nord

La liste est longue.


Dans le petit monde du kite, on te connait comme le fondateur de la communauté onelaunchkiteboarding, comment t’es venue cette idée ?

Et bien, lors de ma première saison à Cape Town en 2013, je me suis blessé au genou droit. Incapable de travailler pendant plusieurs semaines, je suis resté hébergé gratuitement chez une amie. J’ai pu prendre pleinement conscience de la précarité de ma situation. Pas de boulot, pas d’indemnité, pas de projet défini… Bref, comme on dit chez nous « ça sentait la merde. »

J’avais déjà créé un compte Facebook pour garder contact avec certains clients lors de mes 2 années précédentes passées dans l’école Osmosis Kiteboarding en Egypte à El Gouna. Il y avait 30 membres, pas grand chose mais je me suis dit que c’était un début. Avec ma pote Jo, un soir, on a débouché une bouteille de rouge et on a fait un petit « brain storming » pour commencer à réfléchir à ce que je pourrais envisager de faire.

Je sentais que de plus en plus de gens étaient contents de me suivre pour bénéficier de mes conseils. Ainsi, la même année, j’ai fait un premier tutoriel, pour voir… Rapidement je me suis dit que je tenais là un contenu beaucoup plus valorisant qu’un simple CV pour mes prochaines recherches d’emploi. L’année suivante, je ne cherchais plus d’emploi, j’ouvrais ma petite entreprise.

Philippe Ancelin pendant un débreafing vidéo

Tu as réalisé de nombreuses vidéos et tutoriels en plus des cours et stages que tu animes, qu’est ce qui te plaît dans ce travail pédagogique ?

Le simple fait de savoir que l’on peut aider est très satisfaisant. Que ce soit une personne néophyte dans la pratique, ou un jeune moniteur qui cherche des repères à inculquer à son élève.

J’ai eu aussi beaucoup de remerciement de la part de moniteurs marocains ou d’autres secteurs du Maghreb qui ont pu améliorer leur français grâce à ces vidéos. Ainsi ils pouvaient mieux encadrer les clients francophones. J’avoue que cet aspect, je ne l’avais pas vu venir. Faire des contenus vidéo est aussi très enrichissant techniquement. On ne peux pas faire de digression, il faut aller à l’essentiel et synthétiser le message.

C’est finalement un excellent exercice pour gagner en pertinence sur le terrain.


Est-ce qu’il y a un tricks que tu affectionnes particulièrement ?

Le simple fait de sauter en kite c’est tout de même sacrément dingue. Donc je dirais un bon gros high jump autour de 15 mètres en twintip c’est très agréable. En strapless j’adore le frontroll. C’est vraiment une sensation excellente avec un sentiment de symbiose avec la board.


Et est-ce qu’il y en a un que convoites encore ?

Houla!!!! 🙂

Ne commençons pas ce sujet. Oui plein !!! Le boogie loop à plus de 10m j’aimerais bien mais pour le moment c’est encore des babys boogies à 6-7m. En strapless j’aimerais beaucoup rentrer le frontroll to shove-it. Vraiment pas évident celui-là. Mais je ne m’avoue pas vaincu.


Philippe Ancelin - Coaching

J’ai eu l’occasion d’assister à l’un de tes stages en 2025 et tout comme dans tes vidéos, tu mets l’accent sur la sécurité. Cela peut surprendre pour des riders autonomes avec des années de pratique mais nous avons échangé et tu m’as partagé quelques expériences tragiques. Accepterais-tu de nous en parler pour sensibiliser les lecteurs de ce blog sur ce sujet ?

Alors je ne décrierai pas les détails de tous les « incidents, accidents » dont j’ai pu être témoin en 20 ans de pratique mais j’aimerais souligner juste une chose. Un petit malaise, une casse matos, un imprévu, toutes ces petites choses peuvent arriver. Le meilleur moyen de s’en préserver c’est d’anticiper. Finalement, tout niveau confondu de débutant à élite mondial, à chaque fois que j’ai été témoin d’une situation, c’est l’humain qui a été défaillant. Donc prudence et humilité restent selon moi les maîtres mots d’une pratique sereine. Même (surtout) dans une session à 15 noeuds sous un grand soleil.


Tes stages ont lieu à Dakhla, en Colombie et ailleurs mais aussi depuis quelques années au Brésil, sur le spot de Pontal de Maceio avec possibilité de loger à la « OneLaunch » Kite House. Tu pourrais nous raconter la genèse de ce joli projet ?

J’ai eu la chance de me rendre pour la première fois au Brésil en 2016. Une amie avait organisé un downwind de Jericoacoara à Atins et m’avait demandé si je pouvais encadrer la sécurité de son groupe. J’ai sauté sur l’occasion pour aller découvrir cette destination mythique.

Cette excursion m’a permis de voir une bonne partie des spots. Ensuite j’ai pris un peu de temps pour continuer à vadrouiller. La dernière étape de ce séjour fût Pontal de Maceio. J’y ai vu un spot parfait pour l’encadrement grâce à sa proximité avec Fortaleza, le vent modéré et les grands espaces.

J’ai également fait la rencontre de Kaelig, un moniteur français déjà implanté sur place, il est devenu mon contact référent pour organiser des coachings en 2017 et 2018. Le feeling était bon, les méthodes de travail se rejoignaient et Kaelig qui était propriétaire d’un terrain encore non exploité m’a fait une proposition pour un projet d’hébergement. Il m’a semblé naturel d’enclencher le pas et de le suivre dans cette aventure.


Au fil des ans, tu as croisé la route de nombreux kiters. quel(le) est celle ou celui qui t’a le plus marqué, que ce soit pour son niveau, son style, sa personnalité, son parcours de vie ?

Svenja PETERS

Il y a en a beaucoup mais j’ai été très touché par Svenja Peters qui sera sélectionnée au LOT2026. En 2024 et 2025, elle est resté tout le temps de la compète (et même plus) dans son petit kangoo ballotté toute la nuit par les rafales de tram froides et virulentes. Aucun confort, des noodles, une combi jamais vraiment sèche et sur l’eau, un engagement maximal.

Didier BOTTA

Chez les hommes, j’ai beaucoup apprécié avoir croisé Didier Botta. Très connu dans le monde du snowkite, cette personne a un côté aventurier et une quiétude qui interpellent, qui donne envie de le connaître. Et aussi un style très félin et esthétique.


Est-ce que tu as actuellement un projet en préparation que tu voudrais partager ?

Et bien en ce moment je découvre la joie d’être papa depuis 4 mois donc je pense que je vais suivre ma doctrine :

« un sujet à la fois » 🙂


Merci infiniment Philippe pour ton témoignage