Richard est un des pionniers du kitesurf. Touche à tout avec la main sur le coeur. Découvrons son parcours.
Commençons par le commencement. Quand est-ce que tu t’es mis à faire du kitesurf ?
J’ai commencé dès 1998. A cette époque, on avait encore des ailes en 2 lignes

Qu’est-ce qui t’as motivé pour passer le pas ?
- Le peu de matériel a utiliser et le fait de sauter sans vague.
- Près toutes ces années de kitesurf derrière toi, qu’est ce qui te motive encore pour te mettre à l’eau ?
- Le plaisir de la glisse et l’adrénaline que cela me procure


Je te sais globe-trotter mais y a-t-il un endroit que tu considères comme ton « Home spot » ?
Madagascar aura toujours une place particulière
Ce blog traite principalement de trips kite à travers le monde. Si tu devais choisir 3 destinations, quelles seraient-elles et pourquoi ?
Madagascar
Sa température air/eau
Sa couleur de l’eau
Ses vagues
Et le peu de monde sur les spots
République Dominicaine
A peu près les mêmes raisons que Madagascar mais l’hiver et avec cependant plus de monde sur l’eau.
Vietnam
Pour la technicité que tu peux travailler sur le spot
Quel est ton plus beau souvenir en kitesurf ?
Tu accepterais de nous le raconter ?
A Madagascar, plus précisément à Lavanono. 3 mètres de vagues glacis, seul au monde sur la vague, a enchaîner les bottom en 6 M². L »adrénaline qui te prend et qui ne te lâche pas.
Tu aimes sortir des sentiers battus et n’a pas peur d’aller dans des lieux inexplorés. Du coup, c’est quoi les prochaines destinations que tu aimerais découvrir ?
L’Australie, mais trop cher pour moi et le Pérou j’espère bien un jour.
Personnellement, j’ai fait ta connaissance en 2012, ça remonte ! A l’époque, tu avais créé un kitecamp à Mui Ne, qui n’était pas aussi connu et développé. Tu peux nous raconter comment tu as découvert cet endroit ?
En 2006, j’ai vendu une planche No Mad et une Génétrix Hydra a un client vietnamien, qui retournait tous les ans au Vietnam. Quand il est rentré, il est revenu me voir, en me disant qu’il avait coupé 1 m de choqué/bordé, parce qu’il en avait marre de l’avoir pendu entre les jambes. Là à ce moment précis, je me suis dit : « là bas y a du vent fort, il faut que j’aille voir ça !!! » Et c’est ce que j’ai fait. Une fois arrivé à Mui né, j’ai compris le potentiel et l’histoire du kitecamp a commencé.
Quel état d’esprit souhaites-tu insuffler à ce lieu ?
Perso, j’ai mon avis sur le sujet vu que j’ai une photo de tes parents dans ma photothèque. Ils s’étaient levés à 6h du matin le jour de notre départ, juste pour nous dire au revoir. Sache que ce moment simple est resté gravé dans nôtre mémoire.
Comme tu dis, la convivialité, l’échange, le partage en général. Aujourd’hui encore, 6 ans après la fin du kitecamp, dû au COVID, je revois une grande partie de mes clients qui sont devenus mes amis.




Tu as dû en voir passer du monde au No Mad Kite Camp. Est-ce qu’il y des kiters qui t’ont particulièrement impressionné ?
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Qu’est-ce que tu retiens d’eux/elles ?
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La dernière fois que je suis passé à Mui Ne, j’ai passé un long moment à regarder un recueil de photos et nous avons parlé d’un beau projet dont tu as été à l’initiative : Les Voiles de Mada. Tu veux bien nous partager la genèse de ce beau projet
Lors d’un trip dans le sud de Madagascar, j’ai croisé un bateau de pêcheur, qui rentrait deux heures plus tard, que les autres pêcheurs. Quand je l’ai croisé, j’ai compris instantanément que je pouvais faire quelque chose pour eux : Redimensionner les ailes de kite usagées en voile pour les bateaux. Ce que j’ai fait immédiatement à mon retour, 13 voiles de bateaux, 13 comme l’image de Marseille, avec une vingtaine de voiles usagés offertes par mon entourage. Ce qui m’a permis, la saison d’après, de distribuer ces voiles, d’en faire des images, de les publier sur Facebook, pour inciter d’autres kiteurs. La mayonnaise est montée, et les « Voiles de Mada » sont nées.
Tu sais combien de voiles ont été recyclées et combien ont été distribuées aux pêcheurs de Madagascar ?
Depuis 2017, c’est environ 300 voiles qui ont été distribuées, ce qui représente environ 400 ailes de kite.

J’ai quelques vieilles ailes dans le garage. Tu pourrais nous dire où je dois les envoyer ?
Aujourd’hui, l’envoi des ailes se fait au Président de l’association Thierry Lanquetin, qui a pris le relais maintenant. thierrylanquetin8@gmail.com
Ceux qui te connaissent savent que tu bricoles beaucoup. Que ce soit une remorque à mettre derrière une mobylette, un 4×4 pickup customisé, des planches, des harnais…que du fait maison sur mesure ! Tu peux nous en parler de cette passion ?
Ma passion c’est de créer. Voici un petit aperçu de mes créations depuis 25 ans
- 2000 : 1er Shop de kite à Marseille, dans une mezzanine au dessus de mon chantier naval. Il s’appelera « Vent de folie »
- 2006 : La 1ere planche pliante du marché, elle s’appellera « NO MAD«
- 2007 : Lancement du Kitecamp NO MAD au Vietnam
- 2009 : 1ere aile de kite de vagues en 4 lattes
- 2014 : Harnais carbone de 700 grammes
- 2014 : Road trip à Madagascar
- 2016 : Surf creux tout carbone sandwich, ce qui est l’équivalent de la chaussure Nike air pour la course à pied
- 2017 : Naissance des « Voiles de Mada »
- 2020 : Board bag en kévlar pour une protection maximale pour les transports








Quel est ton projet « bricolage » le plus fou que tu aies fait ?
Ma création la plus folle, c’est un enrouleur de ligne, à l’époque du 2 lignes. L’idée était de pouvoir décoller et atterrir en solo et sans plage !!!

En tant que Kiter & Bricoleur, tu es un témoin privilégié et connaisseur de l’évolution du matos de kite depuis tant d’années. Quel est ta vision sur le sujet ? Tu penses qu’on aura un jour des ailes « nouvelle génération » ?
Au niveau sécurité, on a fait un grand saut en avant. Moi même, je ne me souviens pas d’avoir tiré la sécu par danger. Au niveau de la glisse, pour moi tout va trop vite, beaucoup de support, beaucoup de sports différents, trop de choix de matériels. Mon regret dans cette évolution, ce que nous ne sommes toujours pas passés en 3 lignes au lieu de 4.


Ton prochain projet, c’est quoi ?
Mon prochain projet est tout à fait personnel. A 67 ans, j’aspire à naviguer encore quelques années en duo avec ma femme, qui après des décennies passées à me regarder, s’est mise à kiter à 60 ans. Aujourd’hui nous naviguons en strasspless tous les 2, c’est le top.
Vive le kite !!!

